Le thème de la Belle et la Bête, traité dans le roman Cyberespace (thriller ésotérique) de l’auteur de ces lignes, revêt une importance grandissante en ce 21e siècle décisif pour l’avenir de l’humanité.

Les philosophes slaves ont souvent proclamé : « La Beauté sauvera le monde ! » Aujourd’hui, chacun sait, ou presque ! que le futur de l’humanité appartiendra aux femmes, ou plutôt à la dimension féminine et sacrée de l’être, sa dimension intérieure ou spirituelle.

L’ère du Verseau, tant attendue – et déjà commencée selon quelques naïfs utopistes – sera une époque « féminine ». Par contre, cette ère ne débutera, en réalité, que dans un peu plus de cinq siècles.

>> Pourquoi ce besoin de « plus » de féminin dans le monde ?

Il suffit d’observer notre société pour le comprendre. Nous vivons une période matérialiste à l’extrême dont les principales valeurs sont essentiellement masculines ou yang : cultes de la forme, de la nouveauté, des nouvelles technologies de la communication ; loi du plus fort dans l’entreprise ; conquête et destruction de la Nature ; apologie de la vitesse, du rendement et du profit égoïste, individualisme forcené, etc. Que des excès du « masculin » !

Les valeurs féminines sont considérées, généralement, comme des faiblesses ; la femme elle-même est fréquemment utilisée comme un objet ou un « outil » publicitaire.

Un rééquilibrage des valeurs masculines par les féminines semblent nécessaires à la survie de l’humanité ! Un peu plus de douceur, d’écoute, de beauté, de fraternité, ne ferait pas de mal à cette société. Au contraire !

Que « la Beauté sauve le monde », signifie que le renforcement des valeurs féminines et sacrées est essentiel pour retrouver une société harmonieuse.

Mais, d’un point de vue spirituel, cela va beaucoup plus loin :

Connaissez-vous le mythe du « vampire » ? Supposons que « oui », car nous ne comptons plus les films, séries télé ou romans qui empruntent ce sujet rendu célèbre par Bram Stocker et son Dracula ou par la romancière américaine Anne Rice, de nos jours.

Que voyons-nous souvent dans ce genre d’histoires ? Un vampire aux dents proéminentes qui court après une jeune fille blonde et fragile, afin de la mordre dans le cou et boire son sang.

Dans ce genre de scènes, la Bête domine la Belle et, soit il la réduit au rang d’esclave sexuelle, soit il lui prend la vie. Ceci traduit le fait que les forces ténébreuses et animales (ou instinctives) se servent des valeurs masculines (ou des forces densifiantes et matérialisantes) pour asservir l’énergie féminine (ou intérieure et spirituelle).

Il y a quelques années, un scénariste hollywoodien alors peu connu, Joss Whedon, eut l’idée d’inverser le mythe : une jeune fille blonde et fragile se retrouve aux prises avec un vampire, mais elle le tabasse et lui plante un pieu dans le cœur ! « Buffy contre les vampires » était née. Cette série télé a fait un carton, notamment auprès des jeunes en France (et dans de nombreux autres pays). Depuis, Joss Whedon est devenu un réalisateur et scénariste très connu, notamment pour avoir écrit et mis en scène les deux films héroïques sur les Avengers (2012 et 2015) qui sont devenus d’énormes succès mondiaux ! Ce qui est une belle victoire, amplement méritée, pour Joss Whedon !

La version moderne de la Belle et la Bête – à l’origine un récit mythique de Madame de Villeneuve datant de 1740 –, met face à face une jeune femme, généralement belle, et un démon féroce, une Bête. Après un combat acharné, digne de Matrix, la jeune femme a le dessus et elle vainc le démon. La Belle a vaincu la Bête !

Nous vous conseillons l’excellente version cinéma de Christophe Gans (en 2014), avec Léa Seydoux et Vincent Cassel. Christophe Gans, l’un des rares réalisateurs français, capable de présenter une aventure avec une dimension spirituelle (rappelez-vous son extraordinaire adaptation de Crying Freeman !), réalise avec cette nouvelle interprétation de « La Belle et la Bête » un film empli de symboles et disposant d’une « lecture » à deux niveaux. Le spectateur peut y voir un film divertissant « grand public », ou alors en percevoir la dimension ésotérique et symbolique, révélant que le metteur en scène a bien compris le message de cette histoire !

Dans le combat pour le futur, la Bête représente les puissances ténébreuses agissant à l’arrière-plan (invisible) du monde, ainsi que les forces animales et instinctives en l’homme. Quant à la Belle, elle symbolise les valeurs spirituelles ou féminines et intérieures de l’être humain (c’est-à-dire son Moi supérieur ou Âme céleste), qui doivent résister au mal, dans le but de le dévitaliser et de récupérer ses forces, pour les mettre au service du Bien.

C’est le choix qui se présente à l’être humain d’aujourd’hui :

  • soit se laisser aller aux forces animales et instinctives de la matière – Saint-Jean, l’auteur de l’Apocalypse, disait qu’à notre époque « l’homme forniquerai avec la matière » ! – qui le conduiront vers la destruction de la Nature et de sa civilisation ;
  • soit la collaboration, voire l’union, avec sa dimension divine (Moi supérieur ou Âme céleste = la Belle !), dans le but de maîtriser la Bête. Ceci conduisant à la guérison de la Nature et à la création d’une nouvelle civilisation.

Nous évoquons le fait de « maîtriser » la Bête : en effet, le but n’est pas de tuer la Bête, qui symbolise une formidable puissance astrale, mais de la dompter, afin qu’elle serve le Bien, tel un moteur pour s’élever vers le Ciel !

Lorsque la Bête est « retournée » par la Belle, qu’elle devient fascinée par sa Beauté : alors, le combat est gagné par le Bien, car la Bête donnera toute son énergie pour servir la Belle. Cette victoire montre que l’esprit humain ou le « Je » a fait son choix, celui du Bien, et qu’il s’est uni à la Belle.

Le personnage féminin, la Belle combattant le démon, souligne que ce n’est pas par la force que nous pouvons vaincre le mal, mais grâce aux valeurs féminines : résistance, endurance, persévérance, amour, équilibre, harmonie, douceur, méditation, vie spirituelle et créatrice, etc.

En revanche, lorsque nous combattons le mal par le mal, nous le renforçons. C’est la philosophe française Simone Weil (1909-1943) qui exprima le mieux cette lutte face au mal par ces mots :

« On a l’expérience du bien qu’en l’accomplissant. On a l’expérience du mal qu’en s’interdisant de l’accomplir, ou, si on l’a accompli, qu’en s’en repentant. Quand on accomplit le mal on ne le connaît pas, parce que le mal fuit la lumière. »

Pierre Lassalle

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