Lorsque nous connaissons superficiellement les principes du sport et que nous nous faisons une idée approximative de ce qu’est l’héroïsme dans la vraie vie, il peut paraître évident que les deux ne font qu’un ou presque !…

En réalité, il n’en est rien… même si l’un peut préparer à l’autre.

Voyons cela de plus près…

Le sport, tel que nous le concevons dans notre société matérialiste, est une « invention » moderne, et ce sont les peuples anglophones qui ont conçu la plupart des sports populaires de notre temps.

En général, le sport est considéré comme un divertissement (pour ceux qui le regardent ou y assistent), et un métier (pour ceux qui le pratiquent assidûment). Enfin, une partie de ceux qui se divertissent en regardant le sport à la télé ou qui assistent à des représentations sportives, pratiquent un sport (avec plus ou moins d’assiduité) pour être « mieux dans leur peau ».

Le sport est devenu, petit à petit, une sorte de culture de masse qui rapporte de gros sous !

En effet, les sportifs de haut niveau gagnent des sommes d’argent considérables, tout comme des stars de cinéma ou des chanteurs du hit-parade !

Est-ce bien raisonnable, docteur ?!

Si nous transcendons notre grande naïveté originelle, et si nous nous rendons capables d’accéder à quelques éléments de vérité sur le fonctionnement « secret » ou caché de notre société, nous découvrons la véritable raison d’être du sport actuel : il s’agit d’empêcher l’être humain de se révéler et de faire preuve d’héroïsme !

D’ailleurs, tous les divertissements ont ce même but qui consiste à empêcher l’individu de révéler qui il est, en l’abrutissant de toutes sortes de manières, afin de le laisser dormir paisiblement. Le « dormeur » doit se réveiller !

En revanche, à l’encontre de toutes sortes de divertissements débiles (le fameux « entertainment » à l’américaine !), le sport peut avoir son utilité dans le développement de l’être humain, et même, être une préparation pour la pratique future de l’héroïsme (l’auteur de ces lignes est un ex sportif de haut niveau, dans la discipline du cyclisme).

Expliquons-nous :

Sous certaines conditions éthiques, le sport peut être pratiqué, avec beaucoup de bienfaits, par les jeunes filles et jeunes garçons. En effet, le sport (certaines disciplines plus que d’autres) permet un développement harmonieux du corps (lorsqu’il n’y a pas d’excès et que l’on ne cherche pas à créer des « monstres », véritables machines à médailles !). Et plus encore, il façonne le mental, aidant le pratiquant à s’affirmer et à cultiver un moral de vainqueur, capable de se dépasser, se transcender et se discipliner. Bien sûr, ces qualités seront, ensuite, essentielles à la vie professionnelle de l’ancien sportif.

Nous conseillons la pratique d’un sport dans l’enfance et l’adolescence, à savoir pendant tout le temps où le jeune demeure dépendant de ses parents (euh… mais quand même pas jusque cinquante ans, sinon c’est de la triche !).

Ensuite, lorsque le jeune franchit le seuil de l’adultat et quitte ses parents pour « faire sa vie », il est essentiel qu’il passe du sport… à l’héroïsme !

En effet, demeurer constamment dans l’industrie sportive n’est pas conseillé.

Pour quelles raisons ?

Tout simplement, et de toute évidence, parce qu’il n’est pas moral de « vivre » du seul sport, sachant que c’est un système conçu pour endormir le bon peuple, en le divertissant et l’éloignant de ce qu’il a vraiment à faire sur Terre ! N’oublions pas que le mot « divertir » signifie étymologiquement « détourner » de ce qui est important pour soi !

D’autre part, le sport devient alors comme une sorte de « seconde famille » pour le jeune adulte, qui se protège du monde par ce biais, et refuse les défis qui se seraient présentés à lui s’il n’avait pas continué la pratique de son sport.

Eh oui, tout comme l’éducation nationale, le domaine du sport constitue une « grande famille » qui éloigne ses ouailles du vrai monde et de la vraie vie, empêchant les sportifs de devenir vraiment adultes, psychologiquement parlant. Et, bien souvent, lorsque le sportif ne peut plus briller dans son sport et qu’il a atteint la limite d’âge dans sa discipline, il est très difficile pour lui de se réinsérer dans le monde… pour la simple raison qu’il n’en a jamais vraiment fait partie !

Ceci n’est pas sans conséquence : l’individu se sent alors décalé, voire « handicapé » dans certains domaines de la vie sociale, et il est facilement tenté de rejeter le monde dans son ensemble.

Quelles sont les différences entre le sport et l’héroïsme ?

Quand on parle d’héroïsme, les gens pensent tout de suite à certains actes très précis : le pompier qui sauve un enfant des flammes ; l’homme qui pénètre dans une voiture qui vient de se retourner et qui pourrait exploser à tout moment, pour en extraire une jeune femme prise au piège ; le soldat en mission à l’autre bout de la planète, qui meurt pour sa patrie, etc.

Il ne s’agit pas seulement de clichés, mais des réalités quotidiennes…

Bien entendu, nous pouvons parler d’actes héroïques dans ces cas-là. Et il est vrai que c’est très différent de l’idée habituelle que l’on peut se faire du sport.

Le sport est une question d’entraînement, de discipline, de pratique acharnée, de maîtrise de soi, etc.

Les actes héroïques quant à eux, sont le plus souvent spontanés ou instinctifs, reposant davantage sur le cœur, c’est-à-dire le courage et la compassion naturels d’un humain envers son prochain.

Cela dit, il existe aussi un aspect de l’héroïsme qui fonctionne grâce au meilleur de la pratique sportive (entraînement, discipline, transcendance, maîtrise de soi, solidarité, etc.) et qui se situe presqu’à l’opposé de l’acte héroïque décrit ci-dessus, car il requiert un gros travail au niveau de la pensée*.

Bien sûr, la différence majeure entre le sport et l’héroïsme dans la vraie vie, est que tout, dans l’héroïsme, repose sur une pensée claire et la moralité ou l’éthique. Ainsi, contrairement au sport actuel, entremêlé au système corrompu et le nourrissant, comme expliqué plus haut, l’héroïsme n’a pas du tout pour but l’argent, la gloire ou la reconnaissance !… mais bien plutôt la réalisation de soi, le dépassement de soi, pour accomplir ses projets, ses aspirations profondes et ses idéaux, en espérant que ces actes profiteront au plus grand nombre.

Alors que le sport est surtout une action individualiste (ce, même dans les sports d’équipe, bien que ce soient les disciplines permettant d’aller le plus loin), l’héroïsme apprend à progresser vers la fraternité et la construction d’un monde meilleur, plus humain et plus créateur.

Bien entendu, la progression vers la fraternité dont il est question dans l’héroïsme n’a pas à voir avec ce que les sportifs en comprennent généralement, puisque les grandes manifestations sportives sont complètement enserrées par des visées matérialistes, lucratives, ou même parfois tricheuses et politiques, et qu’elles sont restreintes à la fameuse « famille » ou « bulle sportive » : nous sommes loin, dans le cas de tels buts, d’une avancée constructive pour l’évolution humaine dans son ensemble !

Enfin, le sport, à la différence de l’héroïsme, ne peut aucunement devenir un mode de vie global. Nous convenons il est vrai, de parler de la « pratique » d’un sport, tout comme de la « pratique » de l’héroïsme – selon une méthode précise décrite dans L’Aventure Héroïque – mais il est impossible qu’en pratiquant l’héroïsme, ceci ne découle pas rapidement sur un véritable mode de vie héroïque, s’élargissant absolument à tous les domaines de notre vie !

L’héroïsme nous apparaît alors davantage comme une solution transcendante, voire une guérison, face à toutes les « pénalités » du sport moderne.

Pierre Lassalle

 

*Cf. Le livre « L’Aventure Héroïque » de Céline & Pierre Lassalle.

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