De nos jours, il est fréquent de vivre une relation – de couple par exemple – et… qu’elle se termine ! Le problème est que l’on se laisse souvent entraîner dans la décrépitude, alors que c’est juste la forme de la relation qui est morte et enterrée, et non pas soi ! Ce principe vaut pour chacun, à différents degrés, mais il est plus « maladif » chez les femmes, qui ont d’emblée tendance à la conservation.

« Conserver ce qui est périmé, c’est mauvais pour la santé ! », nous souffle l’esprit de l’humour.

Ooh, vous direz que beaucoup retrouvent une relation très vite après une rupture, et qu’ils n’ont pas l’air mort du tout ! En fait, c’est un leurre, une fuite en avant : dans la relation suivante, la personne est restée la même, elle retombe dans les mêmes travers avec son partenaire, qui est peu différent du précédent. En somme, elle est toujours dans son costume d’enterrement, avec le cercueil en sapin de son ex-relation (!), mais elle a mis des paillettes partout pour se dire « C’est la fête ! ». Elle a peu de chances ainsi de vivre sa « nouvelle » relation de manière évolutive ; c’est un palliatif, même si c’est inconscient, ou une « nouvelle » déception à l’horizon… pour changer !

Notre propos n’est pas d’énumérer tous les cas relationnels possibles, mais de poser un point de vue et des éclairages sur des attitudes réflexes, concernant nombres d’entre nous, et pouvant donc être d’un bon secours ! Ce point de vue est celui de la valeur du Détachement.

On dit souvent qu’il faut faire le deuil d’une relation, avant de passer à une autre. Oui, mais c’est souvent envisagé de manière passive. Il manque à cette expression la mise en mouvement de l’individu pour sa propre renaissance.

En effet, la plupart du temps, surtout pour les femmes, et plus encore si la relation a duré, on s’identifie à la relation et à sa forme jusqu’à se projeter entièrement dedans : notre existence-même, nos aspirations à l’amour, notre créativité, etc., tout se confond avec la relation. Elle devient vitale, et la perdre… c’est tout perdre !

Il est important de distinguer soi et sa relation.

On peut voir cela ainsi : la forme de la relation (ex. couple), c’est comme un grand corps physique, dans lequel s’incarneraient deux joueurs, qui veulent accomplir une mission : aimer, créer, jouer à évoluer ensemble, etc. Chacun est à la fois distinct de son partenaire, et distinct de la forme de relation choisie ; c’est juste comme une « incarnation » pour chacun, et pour les deux, ensemble.

Dans cette histoire de faire le deuil, c’est de la forme dont il s’agit : le corps est mort, les joueurs doivent donc se libérer de ce corps commun qui a fini sa fonction terrestre. Chaque joueur, lui, est bien vivant ! Par contre, s’il ne se retire pas du cadavre, alors il va s’y identifier et il gardera en lui une part qui n’évolue plus, même s’il se raconte le contraire : une part de soi est inerte, allongée six pieds sous terre, coincée dans la forme du passé, trépassée !

En général, c’est une mise en « mode échec » : on est tourné vers ce passé comme une preuve béton que l’on est nul, moche, sans intérêt, etc. Même si l’on projette l’accusation de rupture sur l’autre, feignant de s’en laver les mains, il n’empêche que l’échec a prise en soi, il ronge de l’intérieur, jusqu’à tout nous faire voir en noir ! (Normal… dans un cercueil !)

Tant qu’il reste des rancœurs, nostalgies, émotions, accusations, séductions-manipulations envers l’ex, complaintes, etc., c’est signe que l’on loge au cimetière. Or, notre vraie demeure est… ailleurs !

Pour s’en sortir, des étapes existent.

Il est important de vraiment prendre ses distances physiques vis-à-vis de l’ex-partenaire, sinon ni l’un ni l’autre ne peut se soulever : les charges émotives sont trop lourdes et vives. Chacun doit être livré à lui-même, sans habitude, pour épurer ses différentes émotions (avec rebirth au besoin, ou/et pardons au mieux). Ce travail allège, permet de s’ouvrir de nouveau et adoucir son cœur. Mais tout n’est pas gagné pour autant.

(Nous n’abordons pas le travail du Pardon dans cet article. Pour ce sujet, voir « Vers une Nouvelle Ethique », Vertu de Magnanimité.)

Le plus essentiel est la renaissance individuelle qui s’ensuit, pour se permettre un futur ! Elle requiert du courage.

D’abord, il s’agit d’établir un bilan individuel – sans jugement – sur l’expérience vécue. Il ne peut se réaliser sans l’étape d’allègement émotionnel.

On tire des leçons : « Qu’est-ce que ce temps de relation m’a appris sur moi, la vie, l’amour, la manifestation de projets, etc. ? » On fait état de ses manquements, changements, réussites, en essayant d’être honnête. Cela peut réclamer du temps… C’est bien de tout noter, pour apprécier les points précis et la globalité. Petit à petit, ceci permet d’entrer dans une phase de maturité, qui détache du passé, et commence à ouvrir d’autres portes.

C’est comme si l’on se retrouvait au-dessus du corps mort : on est encore en lien avec lui, mais on n’est plus sous terre, on a pris de la hauteur, du recul.

Dès lors, il existe une sorte de pratique à expérimenter – une fois ou plusieurs, selon – pour pousser plus loin, voire finaliser :

Il s’agit de se poser en soi (les yeux fermés, au mieux en méditation), et de « faire face » au cadavre de la relation. Puis, on se demande : « Quelle essence majeure ai-je projeté de mon esprit dans ce corps-relation ? » Grâce à la paix due aux bilans réalisés, on peut s’ouvrir : on ressent ou l’on voit émerger, une essence subtile, voire plusieurs, une grande valeur de soi, une force, un Bien de notre esprit éternel. Exemples : l’espérance en l’union, la créativité, l’innocence, la révélation de la beauté, l’esprit chevaleresque, la maitrise de son énergie, etc. Une fois nommée, on choisit de la soustraire définitivement du cadavre-relation : on la récupère consciemment, telle une part de soi, précieuse. On loge cette essence sacrée dans son cœur spirituel (chakra du cœur) ; on sait que c’est soi, pure vie de soi. C’est gagné ! Peu importe désormais : on pourra continuer de manifester cette essence, outre une relation ou aucune…

Cela s’appelle : Libération !

Au final, on arrive à un véritable « détachement », on redevient vivant : c’est une re-naissance intérieure ! Nous sommes la demeure de la vie.

Retenons ceci pour le plus grand bien de tous : le choix d’incarner ses valeurs, ou essence(s) spirituelle(s), doit toujours prévaloir, sans aucune condition de formes. Les formes que chacun choisit pour la manifestation de ses valeurs ou essences intérieures sont importantes, certes, mais elles sont forcément temporaires, aléatoires et sujettes au changement.

C’est le jeu de la vie sur Terre !

Ainsi, mettre ses « essentiels » au-devant de sa vie, ou les y remettre si nécessaire, permet de toujours rebondir et d’apprendre à jouer avec les formes, quel que soit ce qui advient d’elles. On reste alors profondément libre ! N’est-ce pas essentiel ?!

« Je suis en forme, des formes détaché ;
J’aime avec Liberté, et la vie est mon alliée ! »

Céline Lassalle
Juillet 2015

 

Note: Pour la pratique du Détachement, voir « L’Héroïsme de l’Amour ».