Depuis quelques mois, il y a une avalanche de diffamations sur les réseaux sociaux américains, principalement dans le domaine artistique (surtout le cinéma).

Des gens se défoulent et cherchent à en détruire d’autres. Notre but ici n’est pas de défendre certains des accusés, mais plutôt d’expliciter le processus vertueux du pardon.

D’ailleurs, nous pourrions commencer en affirmant que le principe de « défendre » s’oppose toujours à celui de pardonner.

Cela montre clairement, à bien y réfléchir, que le jugement négatif empêche toujours le pardon. Bien sûr, il n’est pas ici question de Justice, mais de problèmes relationnels.

En général, lorsqu’une personne en juge négativement une autre et la diffame, c’est toujours le résultat d’un défoulement, sans aucun respect de la vérité. Vous considérez que Machin est « mauvais », alors vous le criez sur tous les toits, ou plutôt sur Internet et ses réseaux « anti-sociaux » !, sans même chercher à savoir qui est véritablement Machin. En réalité, Machin n’est pour vous qu’un moyen de libérer votre colère, votre furie, votre haine… car cela fait du « bien » à votre égo ! Machin devient alors ce que nous appelons un « bouc émissaire » !

Rappelons ici brièvement que, dans l’Antiquité, le « bouc émissaire » était réellement un bouc qui parcourait la ville, un jour désigné de l’année, et pendant lequel tous les gens du peuple pouvaient se défouler dessus, en lui projetant toute leur colère et leur haine, plutôt que de le faire contre d’autres humains. A la fin de son parcours, le pauvre bouc était sacrifié, et tout le mal qu’il avait reçu était absorbé par la Terre. Bien que cela puisse nous sembler cruel, c’était malgré tout une méthode utile pour que les gens expriment le mal en eux et le déversent (sur un animal plutôt que sur des êtres humains !), afin de se sentir plus légers, ce qui purifiait la société.

Aujourd’hui, nous pouvons facilement nous rendre compte que ce sont les réseaux « anti-sociaux » qui jouent ce rôle : la seule différence étant qu’aujourd’hui c’est complètement subconscient, alors que dans l’Antiquité le principe était conscient et même sacré. Sans compter que de nos jours, c’est un pays entier, voire davantage, qui peut descendre en flamme quelqu’un, et en faire un « bouc émissaire » ! C’est dangereux !

De plus, il ne faudrait pas croire que la personne visée par un biais virtuel comme Internet, ne reçoit que les diffamations écrites : elle absorbe également toute l’énergie astrale négative émise, et, selon la virulence et la régularité des projections, elle peut être atteinte certes moralement, psychiquement, et même jusque dans son corps !

Enfin, étant donné que l’énergie émise est réelle, il va de soi que se cacher derrière un écran et projeter ses insanités sur les réseaux virtuels, n’empêchera pas que la nature astrale négative émise soit retournée à l’envoyeur, tel un boomerang de justice !

Ce retour ne se fera pas par la personne « bouc émissaire », qui ne connaît pas forcément son/ses bourreaux, mais par des situations troubles, en miroir du déversement astral immonde, et qui vont se produire… dans la vie « réelle » cette fois !

Et crier alors à l’injustice parce que telle ou telle galère vous tombe dessus « par hasard », ne fera que rajouter une couche de colère à l’histoire… Et c’est ainsi que l’humanité produit ses armes de destruction massive, tout en regardant ailleurs !

Ce sont les prémisses de ce qui est nommé dans l’Apocalypse : « la guerre de tous contre tous » …

Avant d’en arriver à ce genre d’extrémité, l’être humain devrait plutôt s’auto-éduquer à la méthode du Pardon, et l’intégrer à son mode de vie.

En quoi consiste-t-elle dans ces grandes lignes ?

Elle est à utiliser pour guérir les problèmes relationnels, entre des individus qui se côtoient dans le monde réel et qui se retrouvent en conflit.

Tout d’abord, il s’agit de prendre conscience de notre responsabilité dans le conflit qui nous oppose à Machin (encore lui ?!).

Je ne vais pas défendre « ma » peau contre lui, mais je vais chercher où se situe ma part de responsabilité dans notre situation conflictuelle. En effet, dans tout conflit, lorsque nous sommes deux, je pars toujours du principe que la responsabilité c’est 50/50 !

Je décide donc de lâcher Machin et de trouver ma part de responsabilité. Lorsque je l’ai trouvée, je me rends compte que j’ai « mal » agi. C’est dur de le voir en face et de l’accepter, car je dois me remettre en question et effectuer un véritable retournement intérieur : c’est d’ailleurs le sens étymologique du mot « repentir » ! Eh oui, au lieu de diriger uniquement mon regard vers « l’infâme » Machin, car tout est sa faute !… Je regarde en moi et découvre que j’y suis bien pour quelque chose dans ce conflit. Et ce retournement intérieur provoque le repentir ! « Comment en suis-je arrivé là ? Comment ai-je pu faire cela à l’autre ? »

Cela déclenche en soi le vœu de pardonner à l’autre, et de se pardonner ensuite.

Je n’expliquerai pas dans cet article la méthode précise, qui se trouve dans plusieurs de mes livres (*), mais je veux plutôt formuler l’état d’esprit.

Le Christ enseignait que, si une personne qui vous a causé du tort vient vous demander sincèrement pardon, alors vous devez lui accorder.

La règle est donc simple : si une personne vous demande sincèrement pardon, alors vous devez lui accorder votre pardon. C’est une « loi du cœur », universelle.

Si la personne en question ne vous demande pas pardon, alors travaillez-y de votre côté, et pardonnez à cette personne dans le secret de votre être ; néanmoins, il est important de la laisser totalement libre de faire le même travail, ou pas. En résumé, votre travail intérieur demeure secret.

Peut-être direz-vous : Mais comment savoir si cette personne est sincère lorsqu’elle vient me demander de lui pardonner ? Eh bien, normalement, si votre cœur est bien ouvert, vous le saurez, car c’est justement une faculté du cœur que de ressentir le degré de sincérité dans une telle situation. Si ce n’est pas le cas, eh bien, vous avez découvert votre prochain travail intérieur : ouvrir votre cœur !

Bon, si vous ne savez pas détecter si la personne est sincère ou si elle vous ment, vous pouvez tout de même lui demander, gentiment, comment elle a vécu son repentir. Si elle n’en a pas vécu ou si elle est hésitante, ne sachant pas quoi dire pour vous convaincre, vous aurez compris qu’elle n’est pas sincère !

Et si vous continuez à juger négativement cette personne sans jamais faire ce travail de pardon, vous demeurez dans un état diffamatoire permanent, ce qui est très grave.

En effet, vous allez continuer, sans même vous en rendre compte, à projeter votre diffamation sur cette personne (colère et haine), parfois pendant des mois ou des années…

Pourquoi est-ce grave ? Sans entrer ici dans les considérations ésotériques ou spirituelles, nous dirons simplement que la projection de colère et/ou de haine provoque des « chocs en retour » chez la personne émettrice ! Et ces « retours » agissent comme une sorte de poison psychique en elle… jusqu’à la rendre gravement malade !

Plutôt que d’en arriver là, le pardon est le remède absolu !

Alors, lâchez vos « boucs émissaires », oubliez vos diffamations, et vivez en « homme libre », car le pardon que le Christ nous a offert par l’exemple, il y a deux mille ans, a le pouvoir d’annuler le karma !

Alors, ne vous en privez pas !…

Pierre Lassalle

(*) L’Héroïsme de L’Amour, Vers une nouvelle éthique, Le Tarot des Héros (tous aux Editions Terre de Lumière).

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