La majorité des gens sait bien que l’art a pour but d’apporter la beauté dans le monde et à encourager un certain sens de l’esthétique.

Malheureusement, au siècle précédent, cette mission « basique » de l’art n’a plus été respectée, et l’art est devenu un « fourre-tout » d’expression du mal-être humain véhiculé par des « artistes » qui ne méritaient même plus ce nom.

La moindre des choses est que l’art génère au moins un peu d’espérance ou un petit réveil intérieur grâce à la beauté qu’il révèle, et ce, qu’elle soit vue, lue ou entendue.

Mais, l’art ne devrait pas se contenter de si peu !

L’art véritable doit se hisser plus haut, vers une dimension éducative de l’être, en lui permettant de vivre une purification ou un réajustement de son être intérieur. C’est un nettoyage astral, possible grâce aux émotions maîtrisées par l’artiste (tout au moins dans le cadre de sa discipline artistique), et intégrées dans sa pratique.

Les Grecs l’avaient bien compris et l’appelaient catharsis, c’est-à-dire la purification. Leurs drames avaient ce but, et le théâtre ou le cinéma d’aujourd’hui pourraient également viser ce but (c’est parfois le cas, quand leur but n’est pas uniquement mercantile).

Dans cette deuxième dimension de l’art, s’insère également l’éthique, à savoir un domaine qui ne dépend pas du Beau, mais du Bon, et qui est davantage du domaine mental. Ici, l’art interroge l’homme ordinaire, lui fait vivre des remises en question qui ne sont pas au niveau du sentiment ni des émotions, comme au stade précédent, mais qui s’élève à celui de la pensée. Nous y trouvons également la dimension de la guérison, dont un véritable artiste est porteur s’il atteint ce deuxième niveau, et s’il tutoie le troisième.

Mais, quel est donc ce troisième niveau ?

C’est celui de la spiritualité (et non celui de la religion qui est « dépassée » dans cette appréciation). L’art est sensé être pratiqué par un esprit… et cet esprit devrait se transcender au cours de son expérience artistique !

Se dépasser… notamment pour accéder à une source d’inspiration se trouvant dans le monde spirituel ou invisible (un Ange de l’art et de la beauté, par exemple, que nous appelons également une Muse), mais aussi se transcendant, afin de se purifier et se transformer intérieurement pour manifester la vérité contenue dans l’inspiration reçue consciemment.

Pour qu’une forme d’art, quelque soit la discipline pratiquée, s’élève dans le monde spirituel et rencontre une authentique inspiration, il est nécessaire que la quête de Beauté de l’artiste communie avec une quête de l’Amour véritable.

Rappelons-nous que la Déesse de l’Art et de la Beauté est également celle de l’Amour et de la Fraternité (la Déesse Archange Anaël). L’Amour est ce qui facilite la rencontre avec l’inspiration vraie. Et l’Amour est ce qui permet à l’esprit de s’élever au-delà de lui-même.

Et que rencontre l’artiste in fine en s’élevant dans le monde invisible ? Eh bien, cet artiste d’un nouveau genre, empli d’Amour et œuvrant pour incarner la Beauté, rencontre la Félicité, car celle-ci est autant le but du méditant que celui de l’artiste !

En réalité, l’aspirant méditant qui accède au monde spirituel associe en lui l’Amour et la Sagesse (connaissances spirituelles vivifiées dans son cœur spirituel), tandis que l’artiste réalise l’union intérieure entre l’Amour (ou Fraternité) et la Beauté. Mais, dans les deux cas, leurs œuvres sont emplies de Vérité et leur font toucher la Félicité.

C’est la raison pour laquelle l’artiste du futur (mais, déjà de nos jours) a pour mission « supérieure » d’incarner la spiritualité qui, dans sa pratique, est le résultat de la communion entre l’Amour et la Beauté, qui l’ont conduit dans les bras accueillants de la Félicité.

Cet article nous a été inspiré par un texte Sri Aurobindo, le grand Initié hindou, intitulé : La Valeur nationale de l’Art.

Voici une citation que nous avons extraite : « Voir la divine beauté dans le monde tout entier, dans l’homme, la vie, la nature, aimer ce qu’on a vu et éprouver une félicité pure et sans mélange au contact de cet amour et de cette beauté, tel est le chemin choisi pour nous, le chemin par lequel l’espèce humaine doit s’élever jusqu’à Dieu ».

Et aussi : « Mais il existe pour l’Art une tâche bien supérieure encore qui dépasse et transcende cette vocation intellectuelle (c’est-à-dire les deux premiers stades) : sa plus haute mission consiste à aider au développement spirituel de l’espèce humaine. »

C’est aussi la préparation de la future ère du Verseau qui sera la période de l’Amour fraternel.

Par Pierre Lassalle

P.S. : Pour en savoir plus, voir Art Sophianique – Un Nouvel Art pour une Nouvelle Renaissance, de Céline et Pierre Lassalle & Lucie Delalain (Ed. Terre de Lumière)