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orsqu’un individu a une bonne image de lui-même, il se sent plus léger, plus libre. Ses relations, ses projets et son évolution  s’en trouvent grandement améliorés et simplifiés.

Cette simplicité provient de la sincérité. Et la sincérité pourrait se résumer à la Quête du Vrai.

Travailler sur l’image de soi revient à identifier sa vérité intérieure, de façon à se voir tel que l’on est. Voir clairement et sincèrement qui « Je suis » sans se diminuer ou se surévaluer.

Il est impossible d’avoir une bonne image de soi, tant que nous ne nous posons pas au minimum la question existentielle « Qui suis-je ? », et bien entendu, tant que nous n’avons pas de réponse !

En effet, généralement la question « Qui suis-je ? » reste sans réponse, en suspens, ou alors, elle n’est même pas posée ! Normalement, ne pas connaître qui « Je » suis est insupportable pour l’être humain puisque cela le laisse avec un profond vide intérieur ! S’il n’en fait pas une priorité dans sa vie, afin d’y répondre, c’est qu’il dort dangereusement ! Dans ce cas, l’image qu’il a de lui est forcément fausse.

La fausse image de soi

Tout individu a besoin d’avoir une certaine image de lui pour exister sur Terre. Mais lorsqu’il ne fait pas l’effort de se forger sa vraie image, depuis l’intérieur, alors il utilise l’extérieur (ceci est inconscient) pour s’en confectionner une. Cette dernière n’est pas sa véritable image : c’est un masque, un voile opaque, une « défiguration » de son être véritable. Il est alors inauthentique, et cela le rend plus ou moins mal à l’aise, voire coupable. C’est une sorte de maladie, qui fausse toute sa vision de la vie et ses attitudes relationnelles. Il est donc très important d’y remédier !

L’image de soi ne peut être définie que par un individu libre, qui décide, seul, de faire des efforts pour se dévoiler lui-même.

Si untel vous dit « tu es ci ou ça », certes cela peut éclairer et donner des pistes, mais c’est extérieur à vous, et si vous restez passif, cela ne change rien : vous aurez toujours une piteuse image de vous !

L’image de soi ne consiste pas à aimer (ou parvenir à accepter) notre apparence physique, à force de la voir tous les jours dans le miroir !

Prenons un exemple, avec des femmes dont « l’image » est partout (mannequins, actrices) : elles disent, en majorité, avoir une image déplorable d’elles-mêmes ! Et pourtant, extérieurement, nos yeux voient d’elles une belle image… Et elles en arrivent même à ne pas se trouver belles ! Ceci n’est pas de la fausse modestie : c’est une conséquence caricaturale du fait qu’elles ne se connaissent pas, ni ne savent définir qui elles sont en vérité ; elles ont donc, au fond, une mauvaise image d’elles, et les plus belles louanges ou photos n’y pourront rien changer.

Laisser tomber les masques

Pour y remédier, il s’agit de dévoiler et de définir notre identité vraie, en dehors des influences extérieures et des conditionnements, y compris en dehors de notre apparence physique. De laisser tomber nos masques et nos rôles, qui emprisonnent et étouffent notre vérité intérieure.

Il est nécessaire de partir en quête de notre propre mystère : « Quelle est mon essence spirituelle ? De quelles qualités, Vertus, Idéaux, suis-je constitué(e) ? De quelles valeurs éternelles suis-je porteur (se) ? Si tous mes rôles disparaissent d’un coup, qu’est-ce qui me définit vraiment ? » Etc.

L’image de soi n’est pas superficielle : elle est profonde et vivante.

Le questionnement et la quête de qui nous sommes nous apprennent à la saisir. C’est ce que nous appelons « traverser le voile des apparences ». Ce travail requiert des efforts de pensée : c’est elle qui questionne, éclaire et permet de percer les voiles et de fissurer les masques.

Guérir l’image de soi 

Grâce à la lumière concentrée de notre pensée dynamique et spirituelle, nous traversons ce voile des apparences. Et qui se trouve « derrière » tous nos voiles ? Notre Moi supérieur !

Eh oui, à mesure que les mystères sur nous-mêmes se révèlent à soi. Nous pouvons vérifier, pas à pas, que « nous sommes à l’image de notre Moi supérieur ». Et quand, nous en faisons l’expérience intérieure et que nous ressentons, émerveillés, cette vérité, alors nous guérissons forcément l’image de soi. Nous nous libérons d’une partie de nos masques. C’est une connexion avec notre essence vraie, une mise en lumière indélébile, qui ne souffre aucun voile, une fois découverte. C’est une part d’authenticité que l’on peut libérer et laisser rayonner.

Ensuite, l’expression sous forme de paroles ou d’actes en accord avec notre vérité, favorisera le développement de notre valeur spirituelle, notre beauté et l’estime de nous-mêmes.

En résumé, nous guérissons l’image de soi, à mesure que nous nous efforçons de questionner et de mettre en lumière notre identité spirituelle, dont la Source est notre Moi supérieur. C’est Elle qui transparaît depuis les coulisses de notre « Qui suis-je ? ». Chaque réponse nous rapproche davantage du but ultime : nous reconnaitre pleinement en Elle, entièrement « à Son image »… Une image vraie, ou « Vera Icone ».

Pierre Lassalle