Elon Musk, ce personnage derrière les automobiles Tesla, SpaceX, Solar City et autres startups visant à « changer le monde », est aussi derrière une entreprise moins connue, mais non moins singulière : Neuralink. Le but de l’homme d’affaires avec cette entreprise n’est autre que sauver l’humanité de l’asservissement par l’intelligence artificielle (IA) !

Pour atteindre cet objectif, l’entreprise développe des interfaces cerveau-machine (brain-machine interface, ou BMI), c’est à dire des implants nerveux permettant d’augmenter les capacités du cerveau humain en reliant celui-ci à un ordinateur ultraperformant.

Est-ce de la science-fiction ? Plus maintenant, puisque des tests ont déjà été réalisés avec des animaux et que des essais sur des humains vont débuter en 2020 (1). Les premières applications devraient permettre le contrôle de bras robotiques, de drones et évidemment de smartphones.

À noter que la délicate opération d’implanter quatre minuscules capteurs (trois dans des aires motrices et un dans l’aire somatosensorielle), est effectuée par un robot créé et programmé à cet effet. Celui-ci pratique une incision très précise qui permet à des millier d’électrodes d’être connectées aux neurones sans endommager les tissus alentours (2). Le tout est ensuite branché à un système de communication de type Bluetooth placé derrière l’oreille du porteur (3). L’entrepreneur espère à terme que la pose de l’implant deviendra aussi banale qu’une opération oculaire au laser.

Mais la vision transhumaniste d’Elon Musk va plus loin que la simple interaction homme-machine. L’objectif est de créer une symbiose avec l’IA, au lieu que l’humanité se retrouve en conflit avec elle !

En effet, il prédit que l’IA va supplanter l’intelligence humaine dans les prochaines décennies et que notre seule issue pour ne pas y être asservi est d’augmenter notre propre intelligence en fusionnant avec elle. Nous sommes ici dans une logique du type « If you can’t beat them, join them! ».

On peut s’interroger sur la cohérence de ses craintes lorsque l’on sait que l’homme d’affaires est aussi derrière une autre entreprise qui vise à promouvoir et développer une intelligence artificielle à visage humain : OpenAI (4). Et n’oublions pas aussi qu’il est investi dans le projet Starlink, qui a pour but de placer une constellation de 12,000 satellites formant le squelette de la 5G, sorte de cage électromagnétique autour de la terre, afin que tous nos appareils électroniques soient connectés en « temps réel » (5). Parions que connecter nos cerveaux à ce réseau est déjà dans les plans de Starlink !

Dans les faits doit-on craindre l’IA ? Il serait naïf de répondre simplement « non » à cette question étant donné l’omniprésence des ordinateurs actuels et à venir. Mais cela ne justifie en rien une stratégie où l’on fonce tête baissée dans une fusion avec la machine. Alors, comment y faire face et combattre ?

Nous pouvons commencer par démonter cette croyance très répandue que l’humain est une machine pensante et donc que l’IA pourrait nous être supérieur un jour grâce à son développement. Il n’y a ni supériorité ni comparaison qui tiennent ici pour la simple raison qu’une machine est limitée par le cadre de sa programmation et par celui qui l’a créée, c’est-à-dire l’humain.

Certains peuvent rétorquer que les systèmes d’IA peuvent « apprendre ». Cependant, dans les faits leurs programmes d’apprentissage ne sont rien d’autre qu’un ensemble de données récoltées, structurées et mises en statistiques pour déterminer des actions imitant l’humain. Bien que pouvant être impressionnant, il n’y a aucune évolution, conscience, individualité ou créativité possibles avec une machine.

Pour mieux comprendre, prenons l’exemple de la créativité, dans son aspect le plus élevé, en s’aidant de la définition qu’en fait Pierre Lassalle (6):

« En résumé, le mot « créativité » prend toujours les sens suivants : – Création de quelque chose de nouveau (innovation, inventivité, art) – Capacité à trouver des solutions originales (imagination, inspiration) – Volonté de transformer le monde (créativité est toujours agie, service).

Le processus de la créativité implique toujours la création d’une image intérieure (provenant d’une inspiration consciente ou pas), qui va être nourrie par un Idéal ou un but qui nous élève, nous transcende ; puis cette image (pensée) est donnée à notre volonté, notre force d’action, afin de lui offrir une direction, pour manifester au mieux de nos capacités (ou dons) cette image intérieure que nous avions reçue. »

Il n’y a donc pas de limite dans le développement de notre créativité qui nous permet de développer non seulement notre intelligence, mais aussi notre imagination, notre sensibilité et notre volonté de bien. Il est impossible pour les machines actuelles et à venir de pouvoir créer comme nous en avons la possibilité !

Il est donc inutile de vouloir augmenter les capacités de notre cerveau, déjà bien assez présent dans nos vies, alors que nous avons des facultés extraordinaires que nous utilisons à peine. Il suffit de se lancer des défis créatifs pour réaliser que nous sommes capables de beaucoup plus que nous l’imaginons.

La créativité est au cœur des mystères humains que nous sommes invités à découvrir et à déployer durant toute notre vie. Le monde spirituel nous a pourvus de cette faculté extraordinaire et rien ne nous manque pour en faire preuve chaque jour.

En définitive, développer notre créativité nous éloigne de plus en plus de la machine et de son emprise et permet de nous tourner davantage vers le divin. Et ce n’est là qu’une des facultés que nous possédons et dont l’IA est totalement dépourvue !

André Fortier

 

Références

  1. Présentation de l’avancement de Neuralink avec Elon Musk qui cherche des volontaires pour des tests en 2020
  2. Détails de la technologie développée par Neuralink
  3. Voir l’article « Notre boussole morale…déboussolée ? » pour connaître l’importance de cette région du cerveau
  4. Le projet OpenAI sur l’intelligence artificielle
  5. Information sur le projet Starlink et son lien avec SpaceX
  6. Le livre Art Sophianique de Céline et Pierre Lassalle en collaboration avec Lucidaëlle

 

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